Pour aller plus loin, à la découverte de la ville...

 

avec l'aimable concours de H.A. et de la SPV

1) Découverte géographique du Ban d'Etival

La commune d’Etival présente des paysages variés. Pour découvrir ses richesses naturelles, faisons-en le tour en empruntant les limites et les abords communaux.

Sortons de la rivière Meurthe, en aval de la petite conurbation de Clairefontaine ; au nord de celle-là, nous découvrons un nœud routier et ferroviaire, puis nous grimpons vers une colline qui surplombe la conurbation à l’orient et nous redescendons vers le sud, au hameau de la Belle Fontaine. Franchissons vers l’ouest la plaine alluviale de la Meurthe et accédons à un plateau vallonné de la tête du Bourmont surplombant la rivière Meurthe au Haut du Saulcy. Nous descendons toujours vers l’ouest vers les hameaux des Forges et de la Rappe, en coupant la paisible petite rivière Valdange. Puis nous entrons dans un dédale de monticules et de basses parfois aménagées avec un étang privé. Ces cantons anciens du Ban d’Etival sont forestiers. Tout annonce la ligne de partage des eaux avec le bassin de la Mortagne, à l’occident.  Incluant une pointe plus au sud à Barrémont et Warinchâtel , nous gagnons la petite ligne de crête que nous suivons ensuite vers le nord pour gagner le col de la Chipotte. Là, nous prenons la direction de l’est vers le col de Trace en suivant toujours le faîte des massifs boisés. La limite communale quitte la crête et gagne le haut versant nord du massif boisé de la côte du Répy qui englobe les roches du Corbeau et du Coucou, puis le plateau des Lèches. Puis nous plongeons par la fosse de Role pour rejoindre la vallée de la Meurthe au milieu de la papeterie des Chatelles. Nous remontons la rivière d’abord la vallée étroite Meurthe, puis une plaine élargie environnée de collines et de montagnes, à la confluence de trois vallées, celle de la Meurthe s’étalant vers le sud, celle du Rabodeau  venant de l’est et l’échancrure plus modeste du Valdange à l’ouest, au  nord de Clairefontaine.   

Description du point de vue depuis la Pierre d’Appel :

 

La vallée alluviale de la Meurthe et la basse vallée du Valdange comporte sur ces bords des placages fluvio-glaciaires de limons et sables fins, parfois des sables grossiers et des galets. Il y aussi des formations en terrasses caractéristiques du fort débit de la Meurthe ancienne. Sur une vaste diagonale au nord de la commune de part et d’autre de la zone de confluence des rivières Valdange, Meurthe et Rabodeau,  du Massif de la côte du Répy aux hauteurs orientales de Clairefontaine, surgit un massif sédimentaire gréseux. Les couches supérieures de grés vosgiens du Trias reposent sur une base de grés rouges permiens, en partie basculée et invisible devant la fosse de Saint-Blaise. Une langue de terrain permien recouvre le plateau sur le tracé de la voie de la Croix de Pierre au village de  Nompatelize. Les roches cristallines sont observables :  le granite de Senones affleure dans la passe des Châtelles, le granodiorite a constitué le plateau et affleure de part et d’autre de la langue sédimentaire le recouvrant.

2 ) Découverte du patrimoine culturel

L'ancienne église abbatiale d'Etival est dédiée à saint Pierre. Elle a été construite par l'ordre des Prémontrés dès le XIIe. Elle est édifiée d'abord selon les règles de l'art roman typique de la Lorraine du Sud  (colonnes : alternance de piles faible et fortes), avec une décoration de la nef annonçant le gothique. Le transept a été transformé avec quatre "chapelles cisterciennes" orientées et un chœur gothique datant du début du XVIe. Le chœur possède un sanctuaire à cinq pans dont l'édification en style gothique flamboyant a vraisemblablement commencé sous l'abbé Féal (avril-mai 1515, 13 novembre 1516) : cette abside comporte six chapiteaux-culots et un voutement  en étoiles avec liernes et tiercerons qui échappent à la destruction du 9 novembre 1944 .

A l’origine, Etival est le nom donné à l’église mère d’une vaste paroisse. Celle-ci, encore appelée ban d’Etival, dépend au début du dix-huitième siècle d’une prestigieuse abbaye de l’ordre des Prémontrés. En 1747, la paroisse perd son indépendance : elle est rattachée à l’évêché de Toul. La communauté paroissiale qui habite à proximité de l’église est devenue sous la période révolutionnaire un centre de commune. Elle a choisi de rester fidèle au nom de son église. Pourtant, le vaste ban a donné naissance à sept communes différentes.

Après 1850, une grande papeterie se développe près du hameau de Clairefontaine et porte de plus en plus l’activité économique et le renom de la commune.

3) Vestiges du passé et considérations historiques

Clairefontaine est une source aménagée en fontaine dans un bois sacré au milieu d’une rivière. Un hameau a été bâti à proximité.

Etival, autrefois Stivagium en latin médiéval , est un lieu d’assemblée temporaire des hommes au sixième siècle. Près d’une source du lieu, des moines évangélisateurs établissent une modeste résidence appelée monastère. Le chef des moines qui porte la crosse, nommé papa est reconnu vers 665 par l’évêque de Toul Leudinus  Bodo pour représenter le peuple d’un ban devenu grande paroisse. Les souverains carolingiens n’autorisent que la règle bénédictine et imposent leurs moines : le ban est gouverné au profit d’un domaine monastique, la population paysanne est brimée et asservie. L’abbaye d’Etival est donnée en 884 par l'empereur Charles le Gros à l'abbaye d'Andlau. Cette abbaye de femmes est fondée et dirigée par sa femme répudiée, Richarde.  Une abbesse d’Andlau, héritière de Richarde, place au Xe siècle un collège de douze chanoines séculiers dirigés par un prévôt pour y prier et administrer le domaine stivalien. Les chanoinesses d’Andlau, mécontentes de la gestion du domaine, ont décidé de les remplacer par des moines blancs de l’ordre des Prémontrés vers 1140.

Ces chanoines réguliers, appelés moines blancs sont connus pour une vocation apostolique et une foi ardente, la fougue industrieuse et le tempérament à poigne des convers, la fidélité des guerriers associés, les belles réalisations techniques des maîtres artisans qui les suivent. Mais les titulaires des charges de l’abbaye n’obtempèrent pas aux ordres des chanoinesses souveraines. Il faut chasser le prévôt Conrad qui se réfugie avec ses chanoines à Autrey. Les abbesses d'Andlau investissent en 1146 les chanoines réguliers de la congrégation des Prémontrés affilié avec celui de Flabémont. En 1147, le nouvel abbé Gilbert est soucieux de faire reconnaître par le pape son chapitre régulier acquis en partie par la force.

C’est après cette prise de possession  que l'église d'Etival est rebâtie progressivement . Un nouveau monastère de brique et de bois remplace l’ancien. Il est ceint de murailles et de fossés. Des sœurs ou moniales sont placées par les chanoines dans un petit monastère voisin, puis sont installées dans une maison éloignée dans la vallée sainte Odile.

Les règles de l’économie et la respect de l’ordre sont restaurés promptement, par la mise en place d’une féodalité religieuse (d’inspiration française ou flamande). L’essor de l’habitat en pierre et en bois, par exemple la multiplication des granges et la rénovation de partie du domaine en fermes et cens accompagne un renouveau démographique qui déborde leur juridiction. Les activités de roulage, de flottage se développe pour exporter bois et planches.  Pour mieux gouverner leur ban de plus en plus populeux et permettre de retrouver une vie spirituelle en l’abbaye d’Etival,, les chanoines divisent leur ban en deux parties qui reçoivent un nouveau centre économique doté d’un port sur la Meurthe : La Neuveville au nord et Nompatelize  Norberti ecclesia, lieu de rassemblement des hommes sur le plateau, qui communique par voie de roulage avec le petit port de Bourmont. Mais le déclin est proche : l’ensemble rural perd sa cohésion au treizième siècle,  subissant l'influence de la ville ducale de Raon-l'Etape et de celle de  Bruyères (autre ville ducale contrôlant l’économie de  Saint-Dié). 

L'ancien ban d'Etival est scindé en deux entités juridictionnelles: le "bas-ban" comprend les communautés de Saint-Rémi, Etival et la Neuveville-les-Raon, le "haut-ban" celles de La Salle, La Bourgonce, Nompatelize et Saint-Michel.

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