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Extrait
d'un article écrit par le groupe d'histoire
locale, 2004
Il y a 50
ans, la libération
d'Etival
II y a 50
ans, Etival retrouvait sa liberté, après avoir payé
durement par la perte
de civils et d'hommes au combat, la destruction de biens et de l'église abbatiale.
Comment
Etival et sa région ont vécu les derniers jours de l'Occupation et se sont
trouvés libérés du joug des Allemands ? Après de nombreuses recherches de documents et de témoignages, Le groupe
d'histoire locale nous fait revivre cette période que l'on se doit de ne pas
oublier.
Les derniers jours de l'occupation allemande • Le 28 août 1944 à 9 h du matin : quatre avions de
chasse américains
sont en mission dans notre secteur, deux attaquent des objectifs de la vallée de Senones et les deux autres
mitraillent le château des papeteries qui abrite des bureaux et un état-major allemand. Un réservoir d'essence largué dans l'enceinte à la papeterie explose et brûle, tuant deux ouvriers.
• Le 4 septembre 1944 : la bataille de Viombois eut des conséquences terribles : 61 hommes
d'Etival participèrent plus ou moins activement à ce combat. Trois Stivaliens furent
tués
et un blessé.
Le retour à Etival
pour ces hommes fut périlleux, certains mirent deux jours pour regagner leur
foyer.
• 16 septembre 1944: réquisition des hommes et des femmes
non mariés,
de 16 à 30
ans, pour creuser des tranchées qui devront constituer une ligne de résistance sur la rive droite de la Meurthe.
• 17 septembre 1944 :
réquisition
des postes de radio.
• 18 septembre 1944 :
arrivée
de la Gestapo
à l'école du
Vivier où elle restera jusqu'au 23 octobre.
Un bref séjour
qui laissera néanmoins de douloureuses traces. Une des caves de l'école avait été transformée en prison où les hommes arrêtés subirent des interrogatoires très poussés et petit à petit le kommando Wenger put établir une liste de Stivaliens ayant
participé à la bataille de Viombois.
• 19 septembre 1944 :
réquisition
des bicyclettes.
• 6 octobre 1944 : bombardement de nuit.
• 16 octobre 1944 :
exode de la population de Saint-Benoît, Bru et Ménil-sur-Belvitte, certains resteront
à
Etival, la majorité partira vers Provenchères et d'autres localités.
• Entre le 19 et le 21 octobre 1944 : 34 hommes ayant
participé ou
non au maquis de Viombois furent arrêtés par la ' Gestapo. Sept seulement
revinrent des camps de la mort.
•
22 octobre 1944 : incendie des scieries de la vallée de Ravines après y avoir massacré treize patriotes dont un Stivalien
et un parachutiste anglais.
• 23 octobre 1944 : départ précipité à la Gestapo.
• 25 octobre 1944 : bombardement, un tué à Clairefontaine.
• 26 octobre : bombardement, deux tués à Clairefontaine.
• 30 octobre 1944 : destruction du viaduc S.N.C.F.
• 1er novembre
1944 : bombardement, un tué à Clairefontaine. Outre les 28 maisons incendiées ou dynamitées la commune présentait de nombreuses traces de désolation. On avance le chiffre de 15
000 obus tombés sur
Etival. Le 2 novembre 1944, les soldats U.S. sont à l'entrée d'Etival côté Chipotte.
La libération d'Etival
• 2 novembre 1944 :
les soldats US sont à l'entrée d'Etival côté Chipotte, un dur combat d'une
dizaine de jours va alors s'engager pour ces jeunes Américains qui vivent seulement leur 3ème
semaine de guerre.
Les
propos du lieutenant Georges F.H. Walters extraits de History of thé 398° Infantery régiment in world war II, qui dit :
"Les Vosges sont comme des sentinelles silencieuses qui, depuis des siècles, se dressent comme un obstacle
militaire face à ceux qui veulent éviter leurs chemins tortueux ou
leurs forêts
denses et sombres. La nature de leur terrain, la pluie froide, le brouillard,
la neige rude et l'air glacial suffisaient pour vous glacer le sang dans les
veines. Ces éléments auxquels s'ajoute le relief de
la montagne font à cet endroit le plus détestable lieu où faire la guerre. Tout au long du
front Est, aucun secteur ne présente autant de difficultés et ne pose autant de problèmes aux troupes et à leurs chefs que cet immense lieu
sauvage..."Ajoutons à cela la ténacité des Allemands à rester sur les lieux et l'on peut
comprendre la lutte difficile des troupes alliées pour libérer Etival. La 100e division
d'infanterie américaine (Century) formée des 397e
, 398e et 399e régiments d'infanterie, après avoir débarqué à Marseille le 20 octobre, arriva dans
le secteur de Rambervillers le 29 octobre. La 397e se regroupa à Sainte-Hélène, le 398e à
Saint-Gorgon et le
399e à Frémifontaine. Tout de suite, ces régiments relevèrent les éléments de la 45e Dl. Le
territoire d'Etival ne fut pas libéré seulement par les troupes de la
100e mais aussi par celles de la 3e division avec les soldats des 7e, 15° et 30e régiments d'infanterie. Les éléments de la 100e quittèrent Etival le 14 novembre pour se
diriger vers Baccarat en passant par Sainte-Barbe où ils traversèrent la Meurthe et entreprirent
une manœuvre
d'encerclement de Raon-l'Etape.
La
progression à
l'intérieur
d'Etival fut très lente et meurtrière, les Allemands résistant farouchement.
• 4 novembre 1944 :
bombardement, 1 tué à Beaulieu. Le pont du ruisseau des Vieux Prés saute. Les US sont au carrefour de
Sainte-Odile et Saint-Rémy. Quatre maisons brûlent à Pajailles et Beaulieu.
• 5 novembre 1944 :
bombardement, les US occupent Sainte-Odile, une maison brûle dans le quartier.
• 6 novembre 1944 :
bombardement, 1 tué à la Rappe,
un civil tué
par balle à
Pajailles. Quatre maisons dont l'école brûlent à Pajailles.
• 7 novembre 1944 :
bombardement, les US occupent Pajailles.
• 8 novembre 1944 :
bombardement, 1 tué au Vivier, une maison incendiée à l'Abbaye et 1 au Vivier. Les US
sont à la Petite Papeterie
et dans le bas de Deyfosse. Dans la nuit, arrivent les réfugiés d'Hurbache. Déportation de 47 hommes de
la Feldgendarmerie.
•
9 novembre 1944 : à 12 h 30, combat et incendie
de la
maison Boes à La Fosse. L'église abbatiale fut dynamitée a 20 h 30. Heureusement, il n'y
eut pas de victime, toutes les bombes placées pour sa destruction n'ont pas
explosé.
On en a retrouvé 5 qui auraient pu détruire la sacristie et le chœur. Le
système
de mise à
feu n'a pas fonctionné.
• 10 novembre 1944
: bombardement, 1 tué au Vivier. Les Allemands se sont retranchés sur la rive droite de la Meurthe. Ils ont fait
sauter les ponts et les maisons de la rue de l'Abbaye.
• 11 novembre
1944 : bombardement allemand au Jard : 3 tués. Vers 15 h, les US arrivent à la scierie de la Pierre d'Appel. Dans la
nuit, les deux dernières maisons de l'Abbaye sont dynamitées.
• 13 novembre 1944
: 6 personnes d'une même famille sont tuées par un obus à Moyenmoutier alors qu'elles avaient
été obligées
d'évacuer
Clairefontaine.
•
15
novembre 1944 : incendie de Saint-Dié.
• 17
novembre 1944 : libération de Raon-L’Etape. Le 20 novembre 1944 : traversée de
la Meurthe à
Bourmont, libération de Clairefontaine.
•
21
novembre 1944 : libération de Saint-Dié.
•
22
novembre 1944 : libération de Moyenmoutier et Senones. Dans bien des foyers
stivaliens, la joie de la libération n'était et ne pouvait être complète. En effet, de nombreux hommes ou
jeunes gens manquaient pour la partager. Certains d'entre eux combattaient dans
les rangs des armées françaises, mais il y avait surtout ceux qui étaient détenus ou travaillaient encore en
Allemagne : les prisonniers de guerre, les STO et les
déportés.
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