Un peu d'histoire locale...

 

 

 I Origines du nom " ETIVAL"

Appellations : Stivagium (870)...Stivay (1114)...Estivals ou Estivaiz (1172)...Estival (1243)...Estivay (1298)...Scevagiensis (1402),..Estevaultz (1402)... Estival (17ème siècle)

Ruyr donne l'explication suivante à l'origine de ce nom "Stivagium" : "Stiva" partie postérieure de la charrue, et non sans cause, eu égard que tout le pourtour de son ban consiste en prairies et terres labourables, d'où en revient un ample profit à la Maison d'Etival.

Gravier donne l'étymologie suivante : le voisinage du camp romain de Répy fut bien certainement la cause d'un groupe de population au pied de la montagne : ce groupe aurait pu prendre le nom de ces sortes de camp "Stativa Castra", et s'appeler "Stativum".

Du Gance explique le nom par l'influence du sol : "Aestiva" est l'endroit où le bétail va pâturer à l'ombre en été : il y avait, et il y a encore, à Etival, de grandes prairies et grandes forêts.

On pourrait aussi rapprocher ce nom de "Pierre d'Appel" et en déduire qu'Etival pourrait avoir pour étymologie le vieux mot "Estive", traduction romane du latin Tuba qui désignait toutes les sortes de trompes d'appel et de trompettes.

C'est du passage des Hongrois (910 ?) qu'est datée la destruction et la disparition du monastère de femmes "à 500 pas d'Etival" où Sainte Odile aurait été recueillie après que son père, le duc d'Alsace, l'eût chassée parce qu'aveugle, et qu' elle y aurait retrouvé la vue après y avoir été baptisée par Saint Hydulphe de Moyenmoutier.

Bibliographie :

abbé Idoux (L'Abbaye d'Etival)

Marc Antoine Georgel (Histoire de l'Abbaye d'Etival)

Marcel Maulini (Le Ban d'Etival dans les Vosges)

Georges Durand (Eglises romanes des Vosges)

 

dans le numéro suivant :

A la suite des quelques détails étymologiques   donnés dans le dernier N° de "Construire" concernant l'origine du nom de notre   localité, voici des extraits d'un document transmis par un Stivalien amoureux  de son pays (au passé et au présent)

II y a deux mille ans, les ancêtres des Français, et la majorité des Européens de l'Ouest, parlaient une langue celtique dont les derniers dialectes ne subsistent qu'en Basse Bretagne et au Pays de Galles. Ce sont dcnc les bretonnants et les galloisants qui pourraient aujourd'hui le mieux expliquer aux Français le sens des noms de lieux qu'ils ont hérité de leurs ancêtres gaulois, et qui leur ont également fourni un grand nombre de noms de familles.

Pour éclairer par le breton ou le gallois le sens d'un nom de lieu français d'origine gauloise aujourd'hui incompris, il ne faudra pas s'attendre à une ressemblance parfaite : il faudra compter avec les lois de la différenciation dialectale, dans l'espace et dans le temps, ce qui exige une certaine initiation à la linguistique.

Un exemple : stivell : fontaine.

Nous avons tous entendu parler du chansonnier Stivell. Il porte le nom d'un village bâti auprès d'une fontaine, car tel est le sens de ce mot breton (mais non gallois) que Jakez Riou employait volontiers : "source d'eau sortant de la roche, et. par extension, fontaine" précise le dictionnaire breton-français de l'amiral Troude (I876) La croyance populaire attribuait à l'eau de Stivell une vertu fortifiante tirée de la roche.

Comme noms de hameaux, on compte six Stivel dans les Côtes-du-Nord, trois dans le Finistère (sans compter les pluriels Stiffellou et .Stivell.ou)  et dans le Morbihan un Stivel et un Stival.

Les formes françaises de ce mot gaulois ont transformé le st initial en est puis en et. Le latin de Gaule a été traité de la même manière dans stabant qui est devenu étaient. De là le nom des communes de Estivals et Estivaux (Corrèze), Estibeaux (Landes), Estevelles (Pas-de-Calais), Esteville (Seine Maritime), Etival-Clairefontaine (Vosges), Etival-les-Le-Mans (Sarthe), Etival (Jura), Etivey (Yonne). Les variantes de noms de hameaux sont encore plus nombreuses (Cher, Corrèze, Loire, Haute-Loire, Lozèro, Mayenne,. Puy-de-Dôme, etc.) et ont aussi, donné naissance à presque autant de noms de familles : Estival. Estivau, etc.

Les dictionnaires étymologiques d'Albert Dauzat pour les noms français de lieux et de familles les expliquent par l'adjectif latin aestivalis "qui a rapport à'l'été", d'où "lieu d'estivage", ce qui ne se prête à aucune vérification. On a cru qu'un mot latin pouvait faire l'affaire, et on s'est arrêté à ce jeu de mots, sans chercher plus loin. Quand il y a présence d'une source, l'étymologie celtique est infiniment plus crédible, parce que contrôlable.

d'après le chanoine François Falc'hun, ancien professeur de celtique aux Universités de Brest et Rennes.

Extrait du bulletin paroissial "Construire", mai 1984 /abbé Retournard

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