Un peu d'histoire...

 

Synthèse d'articles parus dans la presse locale en 1969

 

 Abbaye d'Etival

Un gros "morceau" : la tour, qui sera reconstruite en 1970 *

 

Le 9 novembre 1944, l'armée allemande en retraite faisait sauter notre église abbatiale. Geste absolument gratuit qui n avait pas plus de raisons tactiques ou stratégiques que l'incendie de Saint-Dié et la destruction de sa cathédrale quelques jours avant. L'avance des armées alliées en fut retardée d'à peine deux heures...

L'église était rasée au niveau des chapiteaux, seuls subsistant les arcs romans de la nef. Depuis ce temps, bientôt 25 ans, les travaux de restauration ont été menés à un rythme suivant de très près celui du déblocage des crédits nécessaires par le ministère de» Beaux-Arts.

Néanmoins, à l'heure actuelle, une grande partie en a été menée à bien- mais il en reste un « gros morceau » : la tour. Dans ce domaine aussi, les choses ont de grandes chances d'arriver un jour plus ou moins proche à un terme heureux. Comme on le sait, grâce à une intervention de M. Maurice Lemaire, député des Vosges auprès de M. Malraux, alors ministre, les crédits utiles — quelque 600 millions d'anciens francs — seront débloqués. Leur utilisation pourra commencer vraisemblablement en 1970 et les travaux sont prévus pour se prolonger pendant trois ans environ.

 

Un peu moins haut

Contrairement à la place où elle était avant la destruction, la tour sera reconstruite de l’autre côté du porche, à l’endroit de l'actuel clocher provisoire en bois. L'édifice, comme la cathédrale de Strasbourg, avait été envisagé à l'origine de façon à être muni de deux tours et ce changement ne saurait donc trahir l'architecture initiale. Au plus pourra-t-il, pendant un temps, désorienter les Stivaliens qui l'ont connu avant la guerre.

Mais cette nouvelle disposition, en permettant l'utilisation du soubassement intact, permettra de faire l'économie fort appréciable d'une cinquantaine d'anciens millions !

L'allure de l'ensemble risque aussi d'être modifiée par le fait que la tour reconstruite sera sans doute légèrement moins haute que l'ancienne (de deux à trois mètres). Là, par contre, il n'est nullement question d'économies, mais tout simplement d'esthétique. Si en effet l'ensemble prévu à l'origine, avec ses deux tours se faisant pendant est très harmonieux' il n'en est plus tout à fait de même avec une seule qui écrase le reste du bâtiment de sa hauteur quelque peu démesurée et l'abbaye ne pourra que gagner en élégance à cette réduction.

 

Les orgues : déjà dix jeux

Lors de l'explosion de 1944, le mobilier de l'église avait bien évidemment très souffert, de même que l'orgue qui mit pourtant trois semaines avant de mourir tout à fait.

Depuis le 2 juillet dernier, l'instrument revient à la vie grâce aux soins diligents de l'entreprise Hepfer et Hermann de Boulay et déjà dix de ses jeux sont en état de fonctionner. Mais contrairement à ce que certains qui s'étonnent de la lenteur des travaux, la partie la plus importante d'un orgue n'est pas apparente et malgré l'aspect fini de la façade, il reste encore beaucoup à faire à l'intérieur.

Néanmoins, grâce à ce qui est déjà acquis, il pourra déjà faire résonner les voûtes reconstruites de l'abbaye dès le 15 août avant de retrouver toute sa voix le jour de son inauguration le 28 septembre prochain sous les doigts du réputé organiste Gaston Litaize.

 

*NDLR : En réalité la construction de la tour ne sera entreprise qu'en 1973 et les travaux seront achevés en 1978

accueil

Documents complémentaires

 

Page d'accueil