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Synthèse
de notes parues dans la Presse locale en 1998
Du néolithique au XXIe siècle
Etival-Clairefontaine,
petite ville de 2 350 habitants*, est située dans la vallée de la Meurthe et de son affluent
la Valdange,
au pied du massif vosgien.
Son
histoire. - Des vestiges témoignent d'une présence humaine à l'époque néolithique (2700 av. J.-C.) puis
d'une population celte un peu avant Jésus-Christ, établie dans le secteur de Repy. Vers
660, saint Bodon donna à un groupe de bénédictins une part immense de ses
territoires qui deviendra le Ban d'Etîval.
Vers 881,
sainte Richarde, épouse de Charles Gros, remplace les religieux par un chapitre
de 13 moines, sous l'autorité d'un prévôt. Vers 1147, le prévôt Conrad donne l'abbaye aux moines
prémontrés qui y resteront plus de 600 ans.
Pendant
cette période,
ils vont développer
la culture, l'élevage, exploiter des forêts et créer des industries. Ils ouvriront
aussi des écoles,
un hôpital
et une bibliothèque.
L'église abbatiale. - On ne peut venir à Etival sans admirer l'église abbatiale, monument
historique qui s'élève au centre de la ville. Vraisemblablement, la première des Vosges fondée vers 645 par saint Remy, évêque de Reims.
Toutefois,
on attribue la fondation du monastère à saint Bodon qui se retira dans l'église abbatiale et créa dans
le
voisinage (au hameau actuel de Sainte-Odile) un couvent de femmes. Au Xlle siècle, les prémontrés édifient l'église actuelle.
Au XVIe
siècle
seront modifiés le chevet et le bas-côté sud où les fenêtres sont ouvertes. La chapelle
Sainte-Richarde
est construite. Au XVIIIe, les bâtiments abbatiaux sont construits
et l'église
à
nouveau modifiée. Le bas-côté est réaménagé pour former le quatrième côté du cloître. Charles-Louis Hugo fait
construire le palais abbatial et termine la façade.
L'église fut dynamitée par les Allemands le 9 novembre
1944 et reconstruite dans les années 50.
De style
roman, elle a des ornements gothiques. Elle est classée l'une des plus belles des Vosges.
A découvrir
absolument.
Une étymologie à découvrir
Voici
quelques-unes des appellations d'Etival au cours des siècles : Stivagium en 870, Stivai en
1114, Abbas Styvagiensis et Abbas Estivagiensis en 1172, Estival en 1572,
Stivagium en 1633, Stivae Vauis en 1633, Hetival en 1720, Etival en 1751 et
Etival-Clairefontaine en 1923 pour différencier la commune de ses homologues
du Jura et de la
Sarthe. Aucune étymologie n'est certaine, plusieurs
sont possibles.
Stiva, en latin, désigne le manche de la charrue. Ce terme, disaient
les moines d'Etival, convient
bien à ce
territoire qui peut ou pouvait assurer la subsistance de ses occupants.
- Sanctivagium est composé de deux mots latins, sancti : saint et vagium : idée de déplacement, voyage ou de voix.
L'ensemble indiquait alors le souvenir du passage d'un homme réputé pour sa sainteté.
-
Aestivagium ou Estival indiquent la présence de lieux ombragés, soit pour servir d'abri au bétail, soit parce que les premiers
moines aimaient se retirer dans les forêts.
-
Stivagium peut remplacer Sanctivagium, "sti" étant une abréviation courante de "sancti". Les prémontrés indiquent "Abbatia de
Stivagio (abbaye d'Etival) sur leur projet de 1730.
- Etival peut encore provenir d'un
mot celte indiquant la présence de l'eau. Selon une habitude presque générale, les premiers chrétiens auraient alors christianisé un lieu de culte païen en élevant une chapelle au-dessus d'une
source vénérée par les Celtes. Faut-il associer
Etival à la
présence
de cette source vénérée par les Stivaliens il y a 200 ans ? Auquel cas, le véritable centre d'Etival serait cet
endroit de l'abbatiale.
*NDLR
: 2443 habitants au recensement de 1999
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